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Manger comme un oiseau
Une jeune fille perd l'appétit, parce que, au lieu de faire une bonne promenade ou de prendre un exercice salutaire, elle se cache dans sa chambre pour lire des romans : on dit qu'elle mange comme un oiseau.

On dit la même chose d'un enfant maladif — et, en général, de toute personne qui ne mange que du bout des dents.

Si les jeunes filles, auxquelles on applique le dicton, mangeaient réellement comme des oiseaux, ce seraient des monstres, et des monstres épouvantables, plus hideux que celui qui rendit fous les chevaux d'Hippolyte, plus effrayants que tous les ogres de tous les contes des cinq parties du monde. Cacus et Polyphème pourraient abdiquer leur classique renommée en faveur de la plus sobre de nos petites pensionnaires, et Milon de Crotone, qui mangeait un veau après l'avoir promené dans le cirque sur ses épaules, trouverait son maître dans la plus vaporeuse des Parisiennes.

Manger comme un oiseau ! Mais ce serait manger chaque jour une quantité d'aliments plus considérable que le volume de son corps ! Figurez-vous une fillette de quinze ans, assise à table à vos côtés, et se faisant servir, pour son propre compte, cent livres de viande et cent livres de pain, sans compter un tonneau de fruits ou de pâtisserie pour le dessert. Cette fillette ne mangerait pas encore comme une mésange ou une hirondelle.

Vous connaissez la mésange. Dépouillé de ses plumes, le petit corps de ce mignon oiseau n'est pas plus gros que le pouce. Eh bien, ce corps minuscule peut servir chaque jour de tombeau à plus de mille chenilles ou insectes. La mésange mange donc, en vingt-quatre heures, une quantité d'aliments dont le volume dépasse en moyenne trois ou quatre fois son propre volume.

Le troglodyte, qui n'est guère plus gros que la mésange, suit le même régime, et il est prouvé que l'hirondelle, si elle en avait à discrétion, engloutirait facilement un millier d'insectes du lever au coucher du soleil.

Jonathan Franklin, après s'être accusé d'avoir tué une hirondelle dans sa vie, ajoute : « En ramassant ma proie inoffensive et illicite, je remarquai un grand nombre de mouches, dont les unes étaient mutilées, dont les autres, à peine blessées, s'échappaient en rampant du bec de l'oiseau mort. Le gosier et la poche de l'hirondelle semblaient farcis de ces insectes ailés, et le destructeur, détruit à son tour, finit par en dégorger une quantité incroyable. Je suis sûr de rester en deçà de la vérité, en disant qu'il y avait là une masse de mouches, prises tout à l'heure par un seul individu, et qui, pressées les unes contre les autres, auraient à peine pu tenir dans une cuiller de table... »

On ne saurait trop le répéter, le sol de la France produirait chaque année 80 millions de plus si les cultivateurs avaient le bon esprit de protéger les oiseaux qui dévorent les insectes, ennemis-nés de l'agriculture.

Mais, dira-t-on, comment des animaux si petits peuvent-ils absorber tant d'aliments?

C'est parce qu'ils digèrent extrêmement vite. Les oiseaux ont le sang très chaud, la circulation est très rapide, et l'énorme somme d'activité qu'ils dépensent constamment exige une réparation continue. L'oiseau en cage peut se rassasier, mais l'oiseau libre a toujours faim. Le contraire a lieu chez les animaux à sang froid, les reptiles, les batraciens, qui peuvent supporter de longs jeûnes sans le moindre inconvénient.

On devrait donc dire, d'une jeune fille qui semble vivre de musique et de poésie, — non pas qu'elle mange comme un oiseau, — mais qu'elle mange comme une vipère.

La vérité scientifique serait respectée. Toutefois je désespère de jamais faire adopter cette façon de parler. Et j'avoue que je ne me hasarderai jamais à l'employer pour mon propre compte.


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